Peinture gestuelle et danse

Courbevoie • Musée Roybet Fould • 2003

Francine et Kitty Holley, photo Solange Vatel

Francine et Kitty Holley jouent chacune leur partition, photo de Solange Vatel ©.

Lydia Harambourg

La Gazette de Drouot n° 10 — Mars 2003

Francine et Kitty Holley jouent chacune leur partition

« Francine et Kitty Holley ? Deux prénoms pour un nom partagé. Deux artistes : la mère et la fille. Une double passion : la peinture et la musique. Cette exposition nous invite à suivre deux parcours parallèles, complices pourrait-on dire et cependant bien distincts.

L’engagement dans l’abstraction de Francine Holley est inébranlable. Jean Dewasne l’encourage et la soutient à l’époque où son combat se confond avec sa peinture. Elle devient membre fondateur des mouvements « Art abstrait » en 1952 et « Art construit » en 1960. D’être passée respectivement dans les ateliers de Lhote et de Léger l’entraîne dans une voie qu’elle s’emploie très vite à épurer. L’abstraction géométrique lui convient. Une énergie peu commune a contribué à forger son œuvre.

Les lignes de force construisent la structure interne, alors que le graphisme linéaire et la couleur tissent une sorte de partition plastique. Son goût pour la ligne sur la surface plane entretient d’étroites correspondances avec la portée musicale. Excellente pianiste, Francine Holley a une approche similaire pour parvenir à l’harmonie. Elle l’atteint en recourant à d’autres techniques comme le collage et le bois découpé, en faisant intervenir des matériaux aussi diversifiés que le polyester expansé et la mousse de Plexiglas qui participent à cette mise en place de signes originaux orchestrés par une palette dominée par les noirs, les blancs, les gris, les beiges et les bruns. Le poème qu’elle compose demeure un hymne à la vie.

Quant à Kitty Holley, la proximité du milieu artistique dans lequel elle baigne dès son enfance la fait intuitivement accéder à un langage formel dont elle pousse l’expressivité jusque dans ses retranchements les plus libres. Elle s’appuie sur la couleur. Le rythme passe également chez elle par de larges inflexions qui font naître des formes dont la gestualité s’apparente à des figures chorégraphiques. Sa palette met en scène des rouges, des verts et des bleus, qui, tout en gardant leur indépendance, agissent sur le fond de la toile comme une fugue aux rebonds perpétuels. Ce dynamisme coloré est indissociable d’un vocabulaire simple qu’elle a fait sien. »

Merkado

2003 • Extrait du catalogue « Traces... », Musée du Donjon à Niort et Musée Roybet Fould à Courbevoie

« La démarche de Kitty Holley est fondée sur la liberté d'expression issue d'un acte intuitif afin de révéler l'existence de l'harmonie dissimulée comme un processus naturel. »

Le grand bleu - Kitty Holley

Le grand bleu

Acrylique sur papier, 160 × 195 cm, 2001.

La chute (1996) - Kitty Holley

La chute

Acrylique sur papier, 150 × 75 cm, 1996.